Entretien de piscine : les erreurs qui coûtent cher (et comment les éviter)

Avoir une piscine dans le Sud, c’est un plaisir au quotidien — mais aussi une responsabilité qu’on sous-estime souvent. Entre le traitement de l’eau, la filtration, l’hivernage et la surveillance du niveau, l’entretien d’un bassin demande de la méthode et une certaine vigilance. Car derrière une eau trouble ou un niveau qui baisse inexplicablement, se cache parfois un problème bien plus sérieux qu’un simple manque de chlore.

L’équilibre de l’eau : la base qu’on néglige trop souvent

On pense entretien piscine, on pense chlore. C’est un réflexe, mais réducteur. L’eau d’un bassin est un équilibre chimique délicat qui repose sur plusieurs paramètres interdépendants.

Le pH, chef d’orchestre discret

Le pH doit se maintenir entre 7,2 et 7,6. En dessous, l’eau devient agressive pour les équipements et la peau des baigneurs. Au-dessus, le chlore perd jusqu’à 80 % de son efficacité désinfectante — autant dire que vous traitez votre piscine pour rien. Dans les régions à fort ensoleillement comme les Bouches-du-Rhône ou le Var, l’évaporation et les rayons UV dégradent rapidement les produits de traitement. Un contrôle du pH deux à trois fois par semaine en haute saison n’est pas du luxe.

TAC, TH et stabilisant : le trio méconnu

Le TAC (titre alcalimétrique complet) et le TH (titre hydrotimétrique) conditionnent la stabilité du pH et la durée de vie des parois. Un TH trop élevé favorise le calcaire sur les buses et les parois ; trop bas, et c’est la corrosion qui s’installe. Quant au stabilisant, il protège le chlore de la dégradation UV — mais une concentration excessive (au-delà de 75 mg/L) inhibe son action. Des tests complets une fois par semaine suffisent à maintenir cet équilibre.

La filtration : le cœur battant de votre bassin

Un bassin mal filtré, c’est une eau qui stagne, qui verdoie et qui devient propice aux développements bactériens. La règle de base : faire tourner le système de filtration un minimum de 8 à 12 heures par jour en été, idéalement en deux plages horaires pour éviter les pics de chaleur.

Entretenir le filtre à sable

Le filtre à sable doit être contre-lavé (backwash) dès que la pression dépasse de 0,5 bar la valeur normale de référence. Un sable colmaté ne filtre plus correctement et peut provoquer des reflux. Le renouvellement du sable est recommandé tous les 5 à 7 ans.

La filtration cartouche et diatomées

Ces systèmes offrent une finesse de filtration supérieure, mais demandent un nettoyage plus régulier — parfois hebdomadaire. Les propriétaires qui les choisissent pour leur rendu cristallin de l’eau doivent s’y tenir scrupuleusement.

Surveiller le niveau d’eau : un geste anodin, un signal crucial

L’évaporation en été dans le Sud peut faire perdre 2 à 4 centimètres d’eau par semaine. C’est normal. Mais lorsque cette perte dépasse les 3 cm en 24 heures, ou qu’elle se manifeste également hors saison, le doute s’installe. Une fuite de piscine, souvent invisible à l’œil nu, peut représenter une perte de plusieurs milliers de litres par semaine — avec à la clé une facture d’eau astronomique et des dégâts structurels potentiels sur le bassin ou les équipements périphériques.

Le test du seau : simple, mais parlant

Remplissez un seau de l’eau de la piscine, posez-le sur une marche immergée, marquez les deux niveaux et attendez 24 heures. Si la piscine perd davantage que le seau (qui subit la même évaporation), une fuite est probable. Ce test ne localise pas la fuite, mais permet de la confirmer.

Hivernage et remise en service : deux moments clés

Ne pas bâcler l’hivernage

Un hivernage actif ou passif mal réalisé peut causer des dommages coûteux : prolifération algale au printemps, gel des canalisations, détérioration des joints. La mise en hivernage suppose un traitement choc préalable, la mise en place de flotteurs antigel, le soufflage des canalisations et l’abaissement du niveau d’eau sous les buses.

La remise en eau au printemps

C’est le moment idéal pour inspecter l’ensemble du bassin : liner, enduit, carrelage, joints de skimmers. Un liner qui se décolle ou présente des micro-fissures peut entraîner des infiltrations progressives dans le sol environnant — avec des conséquences sur la structure de la plage ou les murs de soutènement.

Conclusion

Un entretien rigoureux et régulier est la meilleure assurance contre les mauvaises surprises. Mais même la vigilance la plus soutenue ne met pas à l’abri d’une fuite invisible dans une canalisation encastrée ou une paroi fissurée. Face à une baisse anormale du niveau ou une surconsommation inexpliquée, mieux vaut ne pas tarder : les dégâts liés à une fuite non détectée s’aggravent vite, et leur réparation devient d’autant plus complexe que l’intervention tarde.